# Comment choisir les marches pour allier confort, design et sécurité ?
L’escalier représente bien plus qu’un simple passage entre deux niveaux d’habitation. C’est un élément architectural qui influence directement votre confort quotidien, la sécurité de votre famille et l’esthétique de votre intérieur. Pourtant, le choix des marches reste souvent négligé, alors qu’il détermine l’expérience d’utilisation pendant des décennies. Entre les normes réglementaires, les matériaux disponibles et les considérations ergonomiques, comment s’assurer de faire le bon choix ? Une marche bien conçue doit répondre à des critères précis de dimensions, offrir une surface antidérapante fiable et s’intégrer harmonieusement dans votre projet architectural. Que vous construisiez un escalier neuf ou rénoviez un existant, comprendre les enjeux dimensionnels et matériels vous permettra d’éviter les erreurs coûteuses et d’optimiser chaque montée.
Les normes dimensionnelles des marches : giron, hauteur et emmarchement selon le DTU 21
Les dimensions des marches d’escalier ne s’improvisent pas. Elles obéissent à des règles précises définies par le DTU 21 (Document Technique Unifié) qui garantissent à la fois le confort d’utilisation et la sécurité des usagers. Ces normes établissent un équilibre subtil entre la hauteur de chaque contremarche, la profondeur du giron et la largeur de passage. Respecter ces dimensions vous assure un escalier agréable à monter et à descendre, sans fatigue excessive ni risque de faux pas.
La conception d’un escalier repose sur trois dimensions fondamentales : le giron (profondeur de la marche où se pose le pied), la hauteur de marche (distance verticale entre deux nez de marche consécutifs) et l’emmarchement (largeur utile de passage). Ces trois paramètres sont interdépendants et leur combinaison détermine la qualité finale de votre escalier. Un escalier trop raide fatigue rapidement, tandis qu’un escalier trop plat consomme inutilement de l’espace. L’art consiste à trouver le juste milieu adapté à votre configuration.
La formule de blondel pour calculer le rapport giron-hauteur optimal
La formule de Blondel constitue la référence absolue pour dimensionner correctement un escalier depuis le XVIIe siècle. Cette équation simple mais efficace établit que 2H + G = 60 à 64 cm, où H représente la hauteur de marche et G le giron. Cette relation traduit mathématiquement la longueur moyenne d’un pas humain et assure un rythme de montée naturel. Par exemple, avec une hauteur de 17 cm, le giron optimal sera de 28 cm (2×17 + 28 = 62 cm), une combinaison qui offre un excellent compromis entre confort et encombrement.
Appliquée correctement, cette formule vous évite les erreurs dimensionnelles courantes. Un escalier qui ne respecte pas ce ratio génère une sensation d’inconfort immédiate : vous vous retrouvez à ajuster constamment votre foulée, ce qui augmente la fatigue et les risques de chute. Les escaliers historiques qui ont traversé les siècles respectent intuitivement ces proportions, preuve de leur pertinence ergonomique. Aujourd’hui, même avec les outils de calcul modernes, la formule de Blondel reste la base incontournable de tout projet d’escalier résidentiel ou public.
Les dimensions réglementaires du giron : minimum 28 cm pour l’
p>ERP (Établissements Recevant du Public). Pour un escalier privatif, on vise généralement un giron compris entre 24 et 30 cm, toujours en cohérence avec la formule de Blondel. Mais dès que l’on parle d’escalier public, la réglementation se fait plus exigeante : le giron doit être au minimum de 28 cm sur la ligne de foulée afin de garantir une surface d’appui suffisante pour tous les profils d’usagers, y compris les personnes âgées ou à mobilité réduite.
Concrètement, un giron de 28 à 30 cm offre déjà un confort très appréciable au quotidien. Il permet de poser toute la largeur de l’avant-pied, limite la sensation de “marches courtes” et améliore la sécurité à la descente, là où se produisent la plupart des chutes. En dessous de ces valeurs, l’escalier devient rapidement plus technique à emprunter, surtout lorsque l’on transporte des charges ou que l’on marche vite. À l’inverse, un giron trop profond rallonge la foulée et casse le rythme, comme si vous deviez faire des “demi-pas” à chaque marche.
Dans les escaliers tournants ou hélicoïdaux, une vigilance particulière s’impose : le giron se mesure sur la ligne de foulée (en général à 50 à 60 cm du limon intérieur) et non au bord extérieur. Vous pouvez avoir une marche très large côté rampe, mais un giron insuffisant côté noyau, ce qui dégrade fortement le confort d’utilisation. Lors d’un projet sur mesure, demandez toujours un plan coté indiquant clairement la valeur de giron sur cette ligne de foulée.
La hauteur de contremarche idéale entre 16 et 18 cm
La hauteur de contremarche est l’autre grande variable qui conditionne le confort de votre escalier. Dans le résidentiel, une hauteur comprise entre 16 et 18 cm est généralement considérée comme idéale : en dessous, l’escalier devient très allongé et encombrant ; au-dessus, il se rapproche d’une échelle de meunier et demande plus d’effort musculaire à chaque pas. Le DTU 21 et les recommandations professionnelles situent la plage confortable entre 16 et 19 cm, avec une limite haute à 21 cm en cas de contraintes fortes.
Pourquoi cette plage de 16-18 cm fonctionne-t-elle si bien ? Parce qu’elle correspond à l’amplitude naturelle de la flexion de genou lors de la marche. À 16 ou 17 cm, la montée est fluide, presque “invisible” pour le corps, ce qui est particulièrement appréciable pour les enfants, les seniors ou toute personne empruntant l’escalier de nombreuses fois par jour. À 19 ou 20 cm, chaque marche devient plus physique, ce qui peut convenir à un accès secondaire (combles, cave), mais moins à un escalier principal de maison familiale.
Au-delà de la valeur moyenne, la régularité est capitale : un écart de plus de 5 mm entre deux hauteurs de marche peut suffire à créer un déséquilibre et générer un risque de chute. Lors d’une rénovation partielle ou d’un habillage de marches existantes, veillez à intégrer l’épaisseur du nouveau revêtement dans votre calcul de hauteur, y compris au niveau du palier haut et bas. C’est un détail souvent négligé, mais déterminant pour le confort et la conformité de l’escalier.
L’emmarchement standard de 80 à 100 cm selon les configurations
L’emmarchement, c’est-à-dire la largeur utile de passage entre deux limons ou entre mur et rampe, joue un rôle clé à la fois pour le confort de circulation et pour la sécurité. Dans un logement individuel, on considère qu’une largeur de marche de 70 cm est le strict minimum pour un usage occasionnel. Pour un escalier principal confortable, la plupart des professionnels recommandent un emmarchement compris entre 80 et 90 cm, qui permet de se croiser à deux en se serrant légèrement et de transporter facilement des objets volumineux.
Dès que l’on conçoit un escalier pour une maison familiale avec plusieurs chambres à l’étage, viser 90 à 100 cm est un vrai plus en usage quotidien. Cette largeur d’emmarchement offre plus de liberté de mouvement, limite la sensation d’étroitesse et facilite les déménagements ou le passage de mobilier. En revanche, elle augmente l’emprise au sol de l’escalier : dans une petite pièce ou un duplex compact, il faudra souvent trouver un compromis entre largeur de marche et longueur de trémie afin de conserver un bon rapport hauteur/giron.
Les escaliers en colimaçon constituent un cas particulier. Sur ce type d’escalier, la largeur de passage utile se situe généralement entre 60 et 80 cm, avec des diamètres hors tout allant de 1,40 m à 2,00 m. En dessous de 60 cm de passage, l’escalier devient très inconfortable et ne devrait pas être retenu comme escalier principal. Quel que soit le type d’escalier, gardez en tête que “plus large” ne signifie pas toujours “plus confortable” si cela vous oblige à réduire le giron ou à augmenter exagérément la hauteur de marche pour respecter la place disponible.
Les matériaux de revêtement des marches : propriétés antidérapantes et résistance à l’usure
Une fois les dimensions définies, le choix du matériau de revêtement des marches vient compléter la sécurité et le confort global de l’escalier. Un bon revêtement doit offrir une résistance à l’usure adaptée à l’intensité de circulation, conserver ses propriétés antidérapantes dans le temps et s’intégrer à l’esthétique du projet. Les différents matériaux – grès cérame, bois massif, pierre naturelle, béton ciré – présentent chacun des avantages et des contraintes techniques qu’il faut connaître pour faire le bon arbitrage.
Vous devez également tenir compte de l’environnement : intérieur ou extérieur, pièce humide, accès direct depuis l’extérieur, présence d’enfants ou de personnes âgées… Dans un escalier extérieur fréquenté, la priorité sera par exemple donnée à l’adhérence même en cas de pluie, quitte à accepter un entretien plus régulier. À l’inverse, dans un escalier intérieur design, on cherchera un équilibre entre aspect visuel, confort au pied nu et facilité de nettoyage, sans transiger sur la sécurité.
Le grès cérame technique avec traitement R10/R11 pour l’extérieur
Le grès cérame technique s’est imposé comme l’un des matériaux les plus performants pour les marches d’escalier, notamment en extérieur ou dans les zones à forte sollicitation (entrées, circulations principales). Extrêmement dense et peu poreux, il offre une excellente résistance aux chocs, aux rayures et au gel, tout en nécessitant peu d’entretien. On le trouve sous forme de dalles, de marches monoblocs ou de nez de marche rapportés, avec une large palette de textures et de finitions.
Pour les escaliers extérieurs, le critère déterminant est la classe de glissance. Les revêtements de sol sont généralement classés de R9 à R13 selon leur résistance à la glissance en milieu chaussé. Pour des marches d’escalier exposées à la pluie, on recommande au minimum une finition R10, voire R11 pour les zones particulièrement humides ou en pente. Cette finition légèrement structurée crée un relief discret sous le pied, suffisant pour éviter les glissades, sans être trop difficile à nettoyer.
Le grès cérame technique permet également de réaliser des escaliers coordonnés aux terrasses, aux paliers ou aux sols intérieurs, offrant une continuité visuelle très appréciée dans les projets contemporains. Pour renforcer l’adhérence sur le nez de marche, de nombreux fabricants proposent des pièces spéciales avec rainures antidérapantes ou inserts contrastés intégrés. C’est une solution à privilégier si vous souhaitez une marche durable, stable dans le temps et peu sensible aux variations climatiques.
Le bois massif : chêne, hêtre et acacia avec valeurs de dureté brinell
Le bois massif reste un grand classique pour les marches d’escalier intérieur, apprécié pour sa chaleur, son confort de marche et sa capacité à s’intégrer dans tous les styles d’architecture. Toutes les essences ne se valent cependant pas en termes de résistance : pour un escalier fortement sollicité, il est recommandé de choisir des bois durs avec une dureté Brinell suffisante (supérieure à 3 en moyenne) afin de limiter les marques d’usure et les enfoncements.
Le chêne, avec une dureté Brinell autour de 3,4 à 3,7 selon les origines, constitue un excellent compromis entre solidité, stabilité et esthétique. Le hêtre affiche une dureté comparable, souvent légèrement supérieure, mais se montre plus sensible aux variations d’humidité, ce qui impose une mise en œuvre rigoureuse. L’acacia, parfois utilisé pour les marches, présente une dureté encore plus élevée (supérieure à 4), ce qui en fait un matériau très résistant aux chocs et aux rayures, idéal dans les zones à fort passage.
Au-delà de la dureté, le traitement de surface joue un rôle clé dans le comportement du bois. Un vernis polyuréthane mat ou satiné offrira une bonne protection contre les taches et l’abrasion, tandis qu’une finition huilée mettra davantage en valeur le veinage tout en facilitant les réparations ponctuelles. Pour limiter les risques de glissade, il est conseillé de choisir des vernis ou huiles avec additif antidérapant, ou de combiner les marches en bois avec des nez de marche sécurisés en aluminium ou en caoutchouc.
La pierre naturelle : granit, travertin et ardoise pour marches structurelles
La pierre naturelle apporte une dimension minérale et intemporelle aux escaliers, que ce soit en intérieur ou en extérieur. Elle peut être utilisée comme simple revêtement sur une structure béton, ou comme élément structurel lorsque les marches sont taillées dans la masse. Parmi les pierres les plus adaptées aux marches, le granit, le travertin et l’ardoise sont fréquemment privilégiés pour leur résistance mécanique et leur capacité à vieillir avec élégance.
Le granit, très dense et peu poreux, est particulièrement adapté aux marches extérieures et aux escaliers publics. Sa surface peut être flammée ou bouchardée pour créer un relief antidérapant durable, même en conditions humides. Le travertin, plus tendre et plus poreux, convient mieux aux escaliers intérieurs ou protégés, à condition d’être correctement rebouché et traité avec un hydrofuge oléofuge. L’ardoise offre quant à elle un toucher légèrement texturé naturellement antidérapant, mais demande une sélection minutieuse pour éviter les schistosités trop marquées.
Le principal enjeu avec la pierre naturelle réside dans la gestion de la glissance et de l’entretien. Une finition trop polie, bien que très esthétique, devient rapidement dangereuse en présence d’eau ou de poussière fine. À l’inverse, une finition trop rugueuse retient davantage les salissures et nécessite un nettoyage plus énergique. Là encore, la solution souvent la plus pertinente consiste à combiner une finition légèrement structurée avec des nez de marche sécurisés, éventuellement contrastés pour améliorer la lisibilité des marches.
Le béton ciré avec résines polyuréthane antidérapantes
Le béton ciré s’est imposé ces dernières années comme une solution très prisée pour les escaliers contemporains, grâce à son aspect monolithique et sa grande liberté de teintes. Appliqué en faible épaisseur sur une structure porteuse (souvent en béton ou en bois rigidifié), il permet de créer des marches sans joints apparents, qui prolongent visuellement le sol du rez-de-chaussée ou de l’étage. Sur le plan esthétique, c’est l’un des matériaux les plus flexibles pour harmoniser marches, contremarches et paliers.
Du point de vue technique, la clé de la durabilité réside dans la composition du système : primaire d’accrochage adapté, mortier fin, puis vernis de finition à base de résines polyuréthane ou époxy. Ces vernis de dernière génération peuvent intégrer des charges antidérapantes transparentes qui améliorent nettement l’adhérence sans altérer l’aspect visuel. On obtient ainsi des marches à la fois faciles à nettoyer, résistantes aux taches et suffisamment sûres pour un usage quotidien.
Le béton ciré demande néanmoins une mise en œuvre très soignée : toute irrégularité de support ou erreur de dosage peut générer fissures, éclats ou usure prématurée, particulièrement sur les nez de marche. Pour limiter ces risques, il est recommandé de confier ce type de revêtement à des applicateurs spécialisés et de prévoir un entretien régulier du vernis de protection (ré-application tous les 5 à 10 ans selon l’usage). Bien conçu, un escalier en béton ciré offre un excellent rapport entre design, continuité esthétique et sécurité.
Les systèmes de nez de marche : profilés aluminium et inserts antidérapants
Quel que soit le matériau des marches, le nez de marche reste la zone la plus sollicitée mécaniquement et la plus exposée aux glissades. Renforcer ce bord avant par un système de nez de marche adapté permet d’améliorer simultanément la sécurité, la durabilité et la lisibilité de chaque marche. Les profilés aluminium avec inserts antidérapants, les nez de marche photoluminescents ou encore les bandes podotactiles pour les personnes à mobilité réduite font aujourd’hui partie de l’arsenal indispensable pour un escalier réellement sécurisé.
En pratique, le nez de marche doit dépasser légèrement (environ 2 à 3 cm) afin d’augmenter la surface utile de giron sans gêner la descente. Il doit également offrir un contraste visuel avec le reste de la marche, notamment dans les lieux publics, afin de mieux marquer la rupture de niveau. Les systèmes de profilés et d’inserts permettent de répondre à ces différents enjeux tout en protégeant le chant de la marche contre les chocs répétés.
Les profilés aluminium anodisé avec bandes carborundum
Les profilés en aluminium anodisé constituent l’une des solutions les plus robustes et durables pour les nez de marche, particulièrement dans les escaliers soumis à un trafic intense. Fixés mécaniquement ou collés sur l’arête de la marche, ils protègent efficacement le bord du revêtement (bois, carrelage, pierre, béton ciré) tout en intégrant des bandes antidérapantes. L’aluminium anodisé résiste bien à la corrosion et peut être décliné en plusieurs teintes, du naturel au noir, pour s’harmoniser avec le design de l’escalier.
Les bandes carborundum, composées de granulats abrasifs noyés dans une résine, offrent une accroche très élevée, y compris en conditions humides ou grasses. On les retrouve fréquemment dans les ERP, les parkings ou les escaliers industriels, mais rien n’empêche de les utiliser aussi dans des escaliers résidentiels soumis à de fortes sollicitations (entrée de maison, accès à un sous-sol…). Leur principal avantage est leur stabilité dans le temps : même après plusieurs années d’utilisation, le niveau d’adhérence reste élevé.
Lors du choix d’un profilé aluminium, veillez à vérifier sa compatibilité avec le revêtement de marche (épaisseur, mode de fixation) et la présence d’un nez légèrement arrondi pour éviter les angles vifs. Certains modèles intègrent également une gorge permettant d’insérer une bande colorée ou photoluminescente, ce qui facilite encore la lecture des marches en faible luminosité. C’est une option intéressante pour concilier sécurité, design et conformité aux recommandations en vigueur.
Les inserts photoluminescents conformes à la norme NF P01-012
Les inserts photoluminescents jouent un rôle crucial dans la sécurité des escaliers en cas de coupure de courant ou de baisse brutale d’éclairage. Ces éléments, chargés par la lumière ambiante, restituent une lueur visible dans l’obscurité pendant plusieurs dizaines de minutes, suffisamment pour permettre une évacuation en sécurité. En France, la norme NF P01-012 encadre notamment les dispositifs d’évacuation et de signalisation en ERP, y compris ceux intégrés aux escaliers.
Concrètement, ces inserts se présentent sous forme de bandes ou de pastilles intégrées dans les nez de marche ou posées en applique. Positionnés sur la première et la dernière marche, ainsi qu’à intervalles réguliers, ils matérialisent clairement le contour de chaque marche dans un escalier plongé dans la pénombre. Dans un contexte résidentiel, ils constituent un plus appréciable pour les descentes nocturnes, en complément d’un éclairage basse tension automatique.
Pour une efficacité optimale, il est important de choisir des inserts photoluminescents de qualité, répondant aux exigences de luminosité et de durée d’éclairement spécifiées par les normes en vigueur. Associés à un profilé aluminium ou à un revêtement contrasté, ils renforcent considérablement la perception visuelle de l’escalier et contribuent à réduire les risques de chute en situation de faible éclairage.
Les bandes podotactiles d’éveil de vigilance pour PMR
Les bandes podotactiles d’éveil de vigilance sont principalement utilisées dans les espaces publics pour prévenir les personnes malvoyantes de l’arrivée d’un danger, comme le début d’un escalier descendant. Composées de plots en relief disposés selon un maillage normé, elles sont perceptibles sous le pied ou à la canne et constituent un signal d’alerte efficace. Leur installation est encadrée par la réglementation accessibilité et les normes spécifiques aux ERP.
Dans le cas des escaliers, ces dalles ou bandes podotactiles se positionnent généralement en haut de la volée, à une distance d’environ 50 cm du nez de la première marche. Elles doivent présenter un contraste visuel suffisant avec le revêtement de sol environnant, afin d’être également repérables par les personnes malvoyantes conservant un reste de vision. Elles peuvent être réalisées en caoutchouc, en résine, en inox ou en béton structuré, selon le contexte et le niveau de trafic.
Bien que leur usage soit surtout obligatoire dans le cadre des bâtiments recevant du public, on peut également envisager leur installation dans certains contextes résidentiels spécifiques, par exemple dans des logements adaptés pour personnes malvoyantes. Elles complètent alors utilement les autres dispositifs de sécurité (nez de marche contrastés, éclairage renforcé, main courante continue) pour garantir un maximum d’autonomie et de confort d’utilisation.
L’éclairage intégré des marches : LED encastrées et rubans lumineux basse tension
L’éclairage des marches d’escalier est souvent sous-estimé, alors qu’il constitue un levier majeur de sécurité et de confort. Un bon éclairage permet de percevoir nettement le bord de chaque marche, de distinguer les changements de niveau et de limiter les zones d’ombre qui perturbent la vision. Avec les solutions LED basse tension, il est aujourd’hui possible d’intégrer un éclairage discret et économe en énergie directement dans les marches, les contremarches ou sous la main courante.
Les spots LED encastrés en contremarche offrent un balisage ponctuel très efficace : placés à faible hauteur, ils dessinent une ligne de lumière douce qui ne gêne pas le regard mais met en valeur chaque marche. Les rubans LED, quant à eux, peuvent être intégrés sous les nez de marche, dans les limons ou derrière une baguette diffuseur afin de créer un éclairage continu, particulièrement adapté aux escaliers modernes. Dans tous les cas, l’usage d’une alimentation basse tension (12 ou 24 V) est recommandé pour des raisons de sécurité électrique.
Pour maximiser le confort d’usage, pensez à associer cet éclairage à des détecteurs de mouvement ou des scénarios domotiques : l’escalier s’allume automatiquement à votre approche, avec une intensité adaptée à l’heure (plus douce la nuit, plus franche le jour). Outre l’aspect pratique, cette mise en lumière participe pleinement au design de l’escalier, en soulignant le jeu des volumes, des matériaux et des garde-corps. C’est un investissement modeste au regard du gain en sécurité, surtout dans un foyer avec enfants ou personnes âgées.
Les garde-corps et mains courantes : hauteur réglementaire et préhension ergonomique
Aucun escalier ne peut être considéré comme sécurisé sans garde-corps ni main courante adaptés. Le garde-corps a pour fonction d’empêcher les chutes dans le vide le long de l’escalier ou des paliers, tandis que la main courante offre un appui continu pour accompagner la montée et la descente. Au-delà des exigences esthétiques, ces éléments doivent respecter des hauteurs et des formes précises pour remplir pleinement leur rôle.
En France, la hauteur minimale d’un garde-corps est généralement fixée à 1,00 m au niveau des paliers et à environ 90 cm en rampant (mesurés à partir du nez de marche). L’écartement entre barreaux verticaux ne doit pas dépasser 11 cm afin d’éviter le passage de la tête d’un enfant. Pour les remplissages horizontaux, il convient de veiller à ce qu’ils ne constituent pas une “échelle” facilement escaladable par les plus jeunes, d’où la préférence pour des vitrages feuilletés ou des panneaux pleins dans les zones sensibles.
Côté main courante, la préhension ergonomique est essentielle. Idéalement, sa section doit permettre une prise en main complète, avec un diamètre compris entre 30 et 45 mm pour les modèles ronds, ou une épaisseur similaire pour les sections ovoïdes ou rectangulaires adoucies. La main courante doit être continue sur toute la volée, quitte à se désolidariser du garde-corps par endroits, et se prolonger légèrement au-delà de la première et de la dernière marche pour faciliter la prise. Positionnée autour de 90 cm du nez de marche, elle devient un repère stable sur lequel on peut se reposer à chaque pas.
Dans les escaliers utilisés par des personnes âgées ou à mobilité réduite, la main courante double (une à hauteur classique, une plus basse pour les enfants ou les personnes de petite taille) peut constituer un vrai plus. L’association d’une main courante bien conçue, de marches correctement dimensionnées et de revêtements antidérapants est ce qui fait la différence entre un escalier simplement “conforme” et un escalier véritablement confortable et rassurant au quotidien.
L’entretien et la durabilité des marches : traitements hydrofuges et cycles de vie des matériaux
Un escalier bien conçu doit rester sûr et agréable à utiliser pendant des années, voire des décennies. La durabilité des marches dépend autant du choix initial des matériaux que des traitements de protection et de l’entretien courant. Un bois massif non protégé, une pierre naturelle poreuse ou un béton ciré mal verni verront leurs performances mécaniques et antidérapantes se dégrader rapidement, avec à la clé une augmentation du risque de chute et des coûts de rénovation.
Les traitements hydrofuges et oléofuges jouent un rôle clé pour tous les matériaux poreux (bois, pierre, béton). Appliqués en surface, ils limitent la pénétration de l’eau et des graisses, facilitent le nettoyage et réduisent l’apparition de taches ou de mousses, particulièrement en extérieur. Sur un escalier en pierre ou en béton, un hydrofuge de qualité peut prolonger significativement le cycle de vie esthétique et fonctionnel, à condition d’être renouvelé périodiquement selon les recommandations du fabricant.
Chaque matériau suit par ailleurs un cycle de vie différent. Un grès cérame de bonne qualité pourra conserver ses propriétés pendant plusieurs dizaines d’années avec un simple nettoyage régulier. Un bois massif bien entretenu supportera sans problème plusieurs ponçages et remises en finition au fil du temps, ce qui permet de “remettre à neuf” les marches tous les 10 à 15 ans si nécessaire. Le béton ciré demandera, lui, une surveillance particulière des zones de passage et des nez de marche, avec des recharges de vernis ou de résine pour conserver une adhérence suffisante.
En phase de conception, il est donc judicieux d’anticiper non seulement le coût initial, mais aussi le coût global d’entretien sur la durée de vie de l’escalier. Un matériau un peu plus onéreux à l’achat, mais très durable et peu exigeant en entretien, peut s’avérer plus économique et plus sûr sur le long terme. En combinant dimensions conformes, revêtements adaptés, nez de marche performants, garde-corps sécurisés et éclairage pertinent, vous créez un escalier qui restera confortable, esthétique et sûr pour tous les occupants, année après année.